OLIE Benoît Joël : Tuer au combat : réflexions philosophiques sur le dilemme du combattant

Publié le 28 février 2019 Mis à jour le 8 juillet 2026
Auteur/Autrice : Benoît OLIÉ
Direction de thèse : Corine PELLUCHON
Discipline : Philosophie pratique

Soutenance : le 16 mars 2019 à l'UPEM


Résumé

Cette thèse met en perspective le dilemme moral du combattant, entre devoir et interdiction de tuer, du point de vue du soldat et du point de vue du citoyen. Elle conduit à constater que la question morale de l’homicide de guerre est, pour chacun d’eux, une aporie qui remet en cause le caractère sacré de la vie humaine, fondement du référentiel moral occidental. Le dilemme du combattant est un dilemme particulier limité à l’instant du combat. Le combattant y fait face mais les conditions de la guerre (privations, traumatismes, blessures) diminuent sa capacité au raisonnement moral. De plus, dans l’instant du combat, il agit par réflexe. Les conditions du combat entraînent donc une éclipse morale et l’action précède la décision. C’est alors le vétéran qui devra, a posteriori, juger ses actes au regard du dilemme moral. Le dilemme n’empêche pas l’action mais il empêche le jugement des actions passées. Le vétéran fait en réalité face à une aporie sur la valeur de la vie humaine puisqu’il en a détruites certaines au nom même de la valeur sacrée de la vie humaine. Le citoyen ne se sent pas concerné par le dilemme du combattant. Pour lui, les opérations militaires sont déclenchées pour des raisons morales. Pendant la guerre, il préfère ignorer les destructions et les morts. De cette façon, les guerres justes restent des guerres « propres ». Le masque d’acceptabilité morale de la guerre finit par tomber et les dénis du citoyen également. Ce dernier se distancie alors de la guerre et des combattants mais l’inapaisement de sa conscience le renvoie face à ses responsabilités. Il se retrouve face à une aporie proche de celle du vétéran puisqu’elle repose sur le paradoxe de la guerre : détruire des vies humaines pour en préserver d’autres. Ces deux apories montrent que la guerre remet en cause le référentiel moral occidental dans sa considération d’une valeur unique de la vie humaine et qu’il revient aux citoyens, civils comme militaires, d’assumer le niveau d’immoralité qu’ils peuvent accepter dans la défense des valeurs morales