VAN DEN BERGH Michelle : En quête d'un rythme: l'expérience d'une coïncidence entre les différentes habitudes du bloc opératoire

Publié le 22 juin 2026 Mis à jour le 22 juin 2026
Auteur/Autrice : Michelle VAN DEN BERGH
Direction de thèse : Eric FIAT
Co-direction de thèse : David SMADJA
Discipline : Philosophie pratique
 

Résumé : 

La notion de rythme apparaît comme élément central d'un soin, et pourtant, il est rarement évoqué. Ce travail vise donc à éclaircir l'influence du rythme dans un geste de soin, que ce soit une technique parfois douloureuse comme la pose d'une perfusion ou la réfection d'un pansement, ou bien un geste de soin plus général, comme écouter et réassurer. Du simple fait de l'ambiguïté sémantique du mot rythme, il existe un mélange qui marque le lien entre des opposés. En effet, nos gestes de soin évoluent continuellement entre des ambiances différentes afin de les rendre plus délicats et sans à-coups : entre les contraintes et les moments agréables, entre le besoin d'intervenir et la possibilité d'attendre. C'est la perception de ces intensités variables qui facilite le rapprochement entre notre rythme de soin et les autres rythmes. Cependant, la considération d'un rythme qui diffère demande un effort : il faut à la fois être capable de se concentrer sur notre rythme particulier et en même temps être capable de percevoir ce qui est singulier. S'accorder entre ces différents rythmes est le point de départ d'un geste de soin. Cela permet non seulement de trouver l'intérêt d'un balancement rythmique mais également d'en faire une habitude pour tous les autres gestes de soin. Cette conscience rythmique incite à interroger notre regard dans un miroir mythologique où les tendances contraires tentent d'harmoniser leurs réponses. Dans ce projet de thèse de philosophie pratique, nous analysons la nécessité du rythme dans un contexte tel que le bloc opératoire, où, malgré la fragmentation et la technicité des actions, les individus doivent inévitablement associer leurs différences. Cette étude vise donc à rendre visible ce mouvement réfléchi qui transcende l'action individuelle pour devenir une action partagée. Cette union ne résulte ni d'une imposition, ni d'une contrainte, mais plutôt d'un désir réfléchi d'enrichir ses habitudes avec des éléments nouveaux apparus lors d'une action commune. Ainsi, nous souhaitons montrer que le rythme ne se limite pas à un concept abstrait, mais qu'il se manifeste concrètement comme une habitude contractée, c'est-à-dire une manière d'être qui ne peut rester que dynamique.