DOUMBISSI Zacharie : Le pluralisme systémique en soins de santé. Pratiques et enjeux (épistémologiques et éthiques)

Publié le 22 juin 2026 Mis à jour le 22 juin 2026
Auteur/Autrice : Zacharie DOUMBISSI
Direction de thèse : Emile KENMOGNE
Discipline : Philosophie pratique


Résumé :

Dans notre Mémoire de Master en philosophie, nous nous évertuons entre autres à faciliter la compréhension de quelques-uns des plus de trente mille schémas de raisonnement contenus dans les Principia Mathematica de Whitehead et Russell, lu par seulement six personnes au monde « from cover to cover », à une audience plus étendue. Cet effort sémantique nous a permis de concevoir une incompatibilité disjonctive à partir de l'implication logique, pouvant aboutir à une « médecine métaphysique » fondée sur des principes éthiques. Le présent sujet de recherche est intitulé « Le pluralisme systémique en soins de santé. Pratiques et enjeux (épistémologiques et éthiques) ». En effet, les recherches thérapeutiques contemporaines ont révélé avec clarté plus que par le passé, que la thérapie n'est pas un absolu, qu'il y a non seulement différentes thérapies mais diverses rationalités thérapeutiques possédant chacune ses présuppositions, ses règles et ses moyens spécifiques de créer des effets de guérison. Notre intérêt pour ces pratiques et leurs particularités se justifie par l'éclat de la diversité des connaissances et des savoirs en jeu, quant à la reconnaissance et à l'intégration des approches locales pour une sphère socio-sanitaire plus juste, car il y a des maladies dites paranormales dont les systèmes nosologiques et étiologiques médicaux ne sont pas toujours établis. Ainsi, l'idée charnière autour de laquelle nous bâtissons notre présente proposition de recherche part du postulat que, la compréhension de ces maladies mystérieuses est relative à la conception du composé humain, c'est-à-dire que le praticien des hôpitaux et le praticien du terroir posent des regards différents sur le malade paranormal – le premier voyant une maladie et le second un malade – alors que la connaissance de l'humain malade semble essentielle à une interprétation juste de la maladie. Notre objectif est donc de concevoir une nouvelle théorie transcendantale des éléments – qui laisse penser à celle de Kant sans la nier – relative à une conception plus complète du composé humain, dont le haut degré d'élucidation que lui confère sa rationalité spirito-réaliste semble dévoiler les fondements scientifiques de quelques approches thérapeutiques qualifiées d'irrationnelles ou de moins établies. Dans ce contexte, apparaît en filigrane le problème du statut que peut revêtir le système thérapeutique non conventionnel dans le domaine de la connaissance, dès lors que son discours sur les maladies liées à la sorcellerie semble encore scientifiquement inaudible. Pourquoi les séquences diagnostiques et thérapeutiques de la science médicale dite conventionnelle sont-elles inefficaces face aux maladies liées à la sorcellerie, alors qu'elle se veut être une thérapie unique, universelle et dominante, réfractaire à de nouvelles Lumières ? Tout discours thérapeutique du terroir sur les maladies dites paranormales est-il essentiellement irrationnel ? En d'autres termes, l'effet de guérison est-il connaissable ? Comment alors justifier une audibilité scientifique accrue d'un discours thérapeutique non conventionnel dans le domaine de la connaissance, compte tenu du haut degré d'élucidation que lui confère sa rationalité plus ou moins cachée ? En fait, pour essayer d'améliorer les performances scientifiques des systèmes thérapeutiques hétérodoxes, la réflexion philosophique prévue dans ce travail veut se situer essentiellement à trois niveaux : 1/ nous entendons d'abord montrer les difficultés du paradigme biopsychosocial de la santé à trouver des solutions de diagnostic et des soins pour toute catégorie de maladies qui n'entre pas dans ses classifications préétablies ; 2/ exposer ensuite la rationalité du discours thérapeutique que certains penseurs tiennent à l'endroit de ces maladies dites paranormales, devant l'impossibilité d'identification et des soins appropriés à ces crypto-pathologies par la médecine occidentale ; 3/ faire enfin la critique non seulement des réponses qu'ont apportées ces philosophes face au dénuement de sens de ce discours sur le sujet, mais aussi de la théorie transcendantale des éléments de Kant par rapport à une perception plus étendue du composé humain. Cette schématisation peut logiquement aboutir à une éthique thérapeutique comme système de soins que nous nommons Éthithérapie, spécialisée dans le diagnostic et le traitement des maladies paranormales, et répondant aux normes épistémologiques cartésiennes censées augmenter le savoir plus qu'elles ne le couronnent. Voilà rationnellement à quoi peut aboutir cette recherche, et pourquoi il convient d'approfondir l'épistémologie et la cognitivité des discours thérapeutiques hétérodoxes sur les maladies paranormales, puis de s'évertuer sur le déploiement des séquences diagnostiques et thérapeutiques « pour soulager les potentiels malades, soigner les maladies paranormales, se guérir de la sorcellerie et, pourquoi pas, soigner l'authentique sorcier » lui-même.