BOUTORA Tikena Charles Wilfried : Le panafricanisme, une construction afro-européenne ? Une histoire politique des réceptions des idées nées Outre-Atlantique dans trois pays francophones (Sénégal, Côte d'Ivoire, Togo) entre 1945 et 1960
Sciences politiques
Publié le 25 mai 2021–Mis à jour le 27 mars 2026
Thèse soutenue le 8 janvier 2025
Directeur de thèse : Yves Palau Co-Directeur de thèse : Batchana Essohanam (Université de Lomé, Togo)
Résumé
Cette thèse de doctorat porte sur l'histoire du panafricanisme, envisagé à la fois comme une contre histoire de l’Europe et comme une construction afro-européenne. Elle présente une perspective originale et multidimensionnelle sur ce mouvement politique et social. Nous explorons comment les expériences historiques de domination coloniale, d'esclavage et d'impérialisme européen ont façonné les fondements du panafricanisme en tant que mouvement de résistance et de revendication de l'autodétermination africaine. Nous étudions les dynamiques d'échange et de circulation des idées, des personnes et des cultures entre l'Afrique et l'Europe, en mettant en évidence les moments de collaboration, de solidarité et de dialogue interculturels qui ont façonné le panafricanisme en tant que mouvement transnational et transcontinental. Cette thèse est traitée à travers une double dimension : politique et historique. L'analyse porte sur une approche théorique fondée sur l'histoire des idées politiques et sur une histoire des intellectuels. Cette étude se concentre sur trois pays francophones : Sénégal, Côte-d'Ivoire, et Togo. L'objectif visé est de comprendre comment l'idéologie et le mouvement panafricain qui prennent naissance outre-Atlantique se cristallisent ensuite sur le sol africain. De déterminer les diverses valeurs et situations qui ont permis cette construction et les différents idéaux occidentaux qui y ont participé.Cette recherche vise à combler une lacune historiographique parmi les plus importantes des études africaines en France - l’histoire du panafricanisme-, mais elle s’inscrit aussi dans les renouvellements les plus récentes de l’historiographie africaniste : sortir l’Afrique de son exceptionnalisme en l’inscrivant dans une histoire globale de circulations, et de territorialiser l’histoire de l’identité africaine pour montrer qu’en Afrique comme partout ailleurs dans le monde, les identités politiques se construisent dans les Etats-nations qui sont des constructions héritées de la colonisation, mais appropriées par les individus et leurs gouvernements dans la période postcoloniale.