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Largotec'Infos n°19 - Octobre 2014

Adieu au Largotec, adieu à la gouvernance ?

EDITORIAL

Adieu au Largotec, adieu à la gouvernance ?

Le Largotec, « Laboratoire de recherche sur la gouvernance : territoires et communication », EA 4388, disparait au 1er janvier 2015, douze ans après sa création, après avoir été successivement reconnu comme « jeune équipe » (JE), en 2005, puis comme « équipe d’accueil » (EA) en 2009.
La raison principale de cette disparition, même si elle est paradoxale, est son succès. Le Largotec ne s’efface en effet que pour se transformer dans le cadre d’un nouveau projet et d’un nouveau laboratoire créée en commun avec les membres d’EEP-IHA (« Espaces, éthique et politique – Institut Hannah Arendt », EA 4118), autre laboratoire de l’université Paris-Est, qui disparaît lui aussi pour mieux renaitre, avec les membres du Largotec, dans le « Laboratoire interdisciplinaire d’étude du politique – Hannah Arendt– Paris-Est » (LIPHA-PE), ce même 1er janvier 2015. Ainsi, l’un et l’autre unissent leurs forces et grandissent pour explorer plus avant la question du politique, sous toutes ses formes, dans un cadre adapté à leurs projets communs.
On pourrait penser néanmoins qu’il y a une seconde raison : la fin d’un programme de recherche lié à la notion de gouvernance. Le mot même de gouvernance ne figure plus en effet dans la dénomination choisie par les membres du Largotec et par ceux d’EEP pour le nouveau laboratoire qu’ils fondent ensemble, alors qu’il était au cœur de l’acronyme « Largotec ». Mais il n’y a là qu’un second paradoxe, dès lors qu’il s’agit rien moins que de souligner que la notion de gouvernance elle-même a « triomphé » et s’est ainsi banalisée. A ce titre, il n’est plus aussi nécessaire d’y faire expressément référence puisqu’elle est au cœur de l’étude interdisciplinaire du politique. Ce qui ne l’empêche pas de demeurer multiforme et toujours aussi controversée. C’est bien pourquoi les « controverses éthiques et politiques » d’une part, et la « gouvernance multiniveaux », avec « l’action publique » d’autre part, constituent les deux axes thématiques du nouveau laboratoire.
On se surestimera pas, bien entendu, le rôle du Largotec dans le « triomphe » de la notion de gouvernance dans l’étude du politique. On ne le sous-estimera pas non plus. A sa manière, il a contribué - avec d’autres – à en explorer les différentes occurrences ou à les mettre en débat. Il n’y a donc ni adieu au Largotec, ni à la gouvernance, mais bien continuation, sédimentation et dépassement. Il en va généralement ainsi de la recherche scientifique, et c’est tant mieux, parce que c’est ainsi qu’elle doit fonctionner.

Vincent de Briant, enseignant-chercheur au Largotec.
  • Dates
    Créé le 20 octobre 2014