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Séminaires de recherche du LIPHA Paris-Est

Agenda du séminaire mensuel

Jeudi 23 mai 2019 de 10h30 à 12h30 à l’UPEM : Tawa Lama Rewal (CNRS, EHESS, CEIAS) autour de la sortie de son livre Les avatars de la participation. Formes et ambiguïtés de la démocratie participative en Inde (éditions du Croquant). Télécharger deux extraits du livre ICI
Jeudi 11 avril 2019 de 10h30 à 12h30 à l’UPEC : Yves Sintomer autour de son prochain livre From Radical to Deliberative Democracy? Random Selection in Politics from Athens to the Present (Paris 8, CRESPA)
Jeudi 7 mars 2019 de 10h30 à 12h30 à l’UPEM :  Jean-Vincent Holleindre, autour de son livre, La ruse et la force,
Jeudi 7 février 2019 de 10h30 à 12h30 à l’UPEC : Yahan Chuang (Gemass/INED) « Une régénération urbaine 'made-in-China' : une étude comparative des marchés de gros chinois à Aubervilliers et à Budapest » et Sophie Noyé (UPEM, LIPHA) sur le féminisme matérialiste et queer.
Jeudi 24 janvier 2019 de 10h30 à 12h30 à l’UPEM : Yunyun Zhou (Université d’Oxford/Paris 8) « Between the Party and the masses : diluted identity and power of women cadres in China’s post-Mao era »
Jeudi  20 décembre 2018 de 10h30 à 12h30 à l’UPEC : La délibération à l'Agence de la bioémédecine, Isabelle Pipien (UPEM, LIPHA), et Denis Ramond sur les théories de la liberté d'expression
Jeudi 22  novembre 2018 de 10h30 à 12h30 à l’UPEM : Laudine Grapperon (UPE, LIPHA) sur le revenu universel.
• Jeudi  25 octobre 2018 de 10h30 à 12h30 à l’UPEC : Présentations de recherches en cours de E. Frenkiel et de D. Smadja

Autre séminaire : Séminaire commun du LIPHA et de HISOPO


IDEOLOGIES POLITIQUES DES SAVOIRS
Séminaire commun du LIPHA et de HISOPO

Au croisement de diverses perspectives d’histoire et de sciences sociales, ce séminaire propose d’interroger ce que l’on pourrait appeler les idéologies politiques des savoirs. En parlant d’idéologies politiques, on n’entend pas reconduire les savoirs à une supposée orientation partisane clairement identifiable, qui en déterminerait par avance le contenu et les résultats, comme on a pu opposer autrefois la science bourgeoise et la science prolétarienne. Au contraire : lorsque l’histoire des sciences humaines voire des sciences de la nature interroge les biais sociopolitiques des développements scientifiques apparemment les plus neutralisés et objectivés, c’est généralement en évitant rabattre les espaces savants sur l’espace politique, et en faisant voir l’ampleur des circulations et des processus de retraduction qui tissent leurs rapports mutuels ; par exemple, sous la forme euphémisée, sublimée ou déniée de lieux communs, de formules et de mots d’ordre. Toutefois, l’empreinte des structures sociales et des institutions (scientifiques, scolaires, bureaucratiques, mondaines…) sur les savoirs n’est-elle pas plus large que celle de l’espace politique ?  N’est-ce pas l’ensemble des rapports de pouvoir qui se trouve objectivé dans le contenu même des savoirs, ce que Simon Schaffer appelait des « cosmologies politiques » ?
Ensuite, en parlant des savoirs (au pluriel) plutôt que de sciences, on se donne la possibilité d’embrasser ensemble les sciences de la nature et du social, mais aussi les savoirs bureaucratiques, gouvernementaux et techniques. On prend ainsi acte de la dé-hiérarchisation des savoirs et de la relativisation de l’opposition entre science et technique qui ont marqué l’histoire des sciences et l’épistémologie depuis quelques décennies. Enfin, en parlant d’idéologies politiques des savoirs, on veut attirer l’attention sur le contenu et les catégories mises en œuvre dans les pratiques savantes, et pas uniquement sur les formes de politisation et d’engagement des « intellectuels ».
Notre perspective entend ainsi croiser deux secteurs de la recherche qui d’ordinaire ne dialoguent guère : d’un côté l’histoire et la sociologie des sciences qui tendent à minorer la dimension politique et, de l’autre, l’histoire contextuelle des idées politiques qui, de l’École de Cambridge en passant par l’histoire conceptuelle de Reinhart Koselleck et jusqu’à l’histoire sociale ou culturelle de Robert Darnton ou la micro-histoire de Carlo Ginzburg minore, voire ignore, le fait scientifique. Si, par exemple, l’École de Cambridge n’a pas complètement ignoré l’apport de Thomas Kuhn et du concept de paradigme en histoire des sciences, elle s’est montrée moins sensible à l’apport de l’histoire sociale des sciences développée par Steven Shapin et Simon Schaffer. L’enjeu du séminaire consiste donc à examiner de quelle manière les conceptualisations disponibles en histoire des idées politiques peuvent être pertinentes et heuristiques pour comprendre « la vie de laboratoire » et la science du passé « en action » pour paraphraser Bruno Latour. À l’inverse, il s’agira de saisir ce que les travaux en socio-histoire des sciences et des techniques peuvent apporter à l’histoire des idées autour des notions d’idéologie scientifique, ou de programme de recherche.

ORGANISATION : Yves PALAU, David SMADJA, Thibaut RIOUFFREYT et Arnault SKORNICKI