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Largotec'Infos n°2 - Juillet 2007

Le projet de réforme des universités : un cas d’école pour la gouvernance

Le projet de loi actuellement en discussion au parlement relatif aux « libertés des universités » constitue une sorte de cas d'école pour comprendre les mutations en cours dans les manières de gouverner. Le choix du titre, tout d'abord, ne doit pas tout aux impératifs de la communication.

Il est à mettre en parallèle avec celui plus souvent employé pour qualifier ce projet : celui d'autonomie. Non pas que l'autonomie des universités soit une nouveauté, elle fut officialisée dès la fin des années 1960 et constitue une tradition multi-séculaire, mais ce projet de loi prévoit un certain nombre de transferts de compétences qui vont effectivement en accroître la portée.

Plus concrètement, que contient ce projet de loi ? Pour l'essentiel un titre consacré à la « gouvernance des universités » dont l'objectif est de concentrer le pouvoir entre les mains des présidents d'université et d'un conseil d'administration réduit ; un autre titre portant sur les « nouvelles responsabilités des universités » c'est-à-dire les nouvelles compétences qu'elles devraient exercer dans un délai de cinq ans et les instruments d'audit interne et de pilotage financier dont elles devraient se doter pour les assumer. Autonomie et responsabilités semblent être les deux mots clefs pour comprendre ce projet de réforme.

Mais elles désignent plus globalement tout à la fois deux valeurs centrales sur lesquelles se fondent les sociétés démocratiques modernes et deux instruments de gouvernement. Cette adéquation entre valeurs de société et instruments de gouvernement fait la force et l'efficacité de ces derniers.

Qui vanterait aujourd'hui les « valeurs » de dépendance et d'irresponsabilité ? Pour cette raison, elles ne peuvent plus valablement fonder des instruments efficaces de gouvernement.

En revanche, penser la liberté, l'autonomie et la responsabilité non plus seulement comme des valeurs que la société et les individus peuvent opposer aux pouvoirs mais comme de nouveaux outils de gouvernement « à distance » entre les mains des différents pouvoirs, constitue un des défis intellectuels majeurs que doivent relever les recherches sur la gouvernance. Nous nous emploierons à en débattre durant notre colloque « La gouvernance des sociétés contemporaines au regard des mutations de la normativité » des 13, 14 et 15 décembre 2007.

  • Dates
    Paru le 13 décembre 2007, Créé le 1 juillet 2007
  • Auteur(s)

    Y. Palau

     

     

  • Éditeur
    Largotec