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Colloque "L'Etat moralisateur"

Publié le 25 septembre 2012

Les 31 janvier et 1er février 2013, le Largotec organise le colloque "L'Etat moralisateur", à l'occasion duquel il s’agira d’identifier les domaines dans lesquels la tendance moralisatrice de l’Etat est la plus perceptible. Il s'agira aussi de préciser les acteurs qui incarnent cet Etat moralisateur et ce qui en résulte sur le plan théorique et pratique.

Colloque - Conférence
Colloque - Conférence
Date(s)

du 31 janvier 2013 au 1 février 2013

Lieu(x)
Université Paris-Est Créteil (UPEC)
Faculté d’Administration et échanges internationaux (AEI)
Bâtiment T – 3ème étage
Campus centre
61, avenue du Général de Gaulle
94010 Créteil Cedex
Métro : Créteil Université (ligne 8)
Le projet du colloque

Le présent colloque s’inscrit dans un cycle de recherches conduites par le LARGOTEC dans les domaines de la normativité et de la gouvernance. Il retient une démarche interdisciplinaire, en réunissant des chercheurs, nationaux et étrangers, issus de disciplines ayant la normativité et/ou l’Etat comme objet(s) d’étude(s) : droit, science politique, philosophie, sociologie et sciences économiques.

Il s’agit plus précisément de s’interroger sur certaines mutations de la normativité qui accompagnent la transformation de l’Etat.  Si ce dernier, contesté et concurrencé, inscrit aujourd’hui plus volontiers son action dans le cadre du partenariat et de la subsidiarité, cette direction moins autoritaire des conduites – dont rendent compte les thèmes de la régulation et de la gouvernance – repose sur un arsenal normatif marqué par le pluralisme : normes juridiques normes techniques, normes morales, etc.

Parmi les registres normatifs mobilisés, voire combinés, par l’Etat, celui de la morale est loin d’être négligeable. En atteste la multiplication de postures étatiques que l’on pourrait qualifier de moralisatrices, en ce sens qu’il n’est pas rare que l’Etat se fasse « donneur de leçon » : soit en cherchant à promouvoir des valeurs morales, ou tout au moins à guider les conduites vers un ordre de valeurs considéré comme vertueux, soit en condamnant certains comportements jugés proprement immoraux ou contraires à ces valeurs éminentes.

C’est cet « Etat moralisateur » que le colloque se propose d’appréhender :

Dans ses manifestations d’abord : il s’agira d’identifier les domaines dans lesquels la tendance moralisatrice de l’Etat est la plus perceptible et de préciser les acteurs qui incarnent cet Etat moralisateur. Cette recherche repose notamment sur la mise au jour de discours et d’actions politiques qui, à l’échelle nationale et internationale, participent du phénomène. Une attention particulière sera portée aux normes juridiques édictées et utilisées à cette fin par l’Etat, qu’elles soient contraignantes (droit « dur » ou hard law) ou incitatives (droit « mou/doux » ou soft law).

Dans ses motivations ensuite : l’Etat moralisateur agit-il de lui-même ou est-il le relai de groupes d’intérêts ? La moralisation procède-t-elle toujours authentiquement de la morale ou y a-t-il une porosité entre moral et souhaitable ? Dans quelle mesure participe-t-elle de l’intérêt général ? Il s’agit également de vérifier si l’Etat ne voit pas dans la moralisation un moyen de se réaffirmer, de compenser sa perte d’influence, voire de se protéger ?

Dans ses implications enfin : quels sont les effets de la multiplication des postures et des normes moralisatrices sur les libertés individuelles ? Ces postures et normes participent-elles de la postmodernité étatique décrite par certains ? Sont-elles induites par le phénomène de la gouvernance qui implique de compenser par des normes collectives la liberté accrue conférée aux individus ? Sont-elles limitées à l’Etat occidental ?
Contact :
Hamida Berrahal :